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Un heureux hasard
C’est à une rencontre fortuite entre femmes dans un bidonville de Kampala que l’on doit la naissance de BeadforLife. En avril 2004, les futures co-fondatrices de l’organisation, Torkin Wakefield et Ginny Jordan, se promenaient dans le bidonville d’Acholi Quarter, un quartier qui avait accueilli des centaines de réfugiés fuyant la violence de la guerre civile dans le nord de l’Ouganda. C’est là, dans la rue,qu’elles rencontrèrent une femme qui fabriquait des perles à partir de papier recyclé. Elles apprirent que les femmes de la communauté de réfugiés avaient confectionné des centaines de colliers à partir de papier, mais n’avaient accès à aucun marché pour les vendre. Les deux Américaines en achetèrent quelques uns et se mirent à les porter dans Kampala ; elles remarquèrent bientôt l’intérêt et l’admiration que ces colliers suscitaient chez de nombreuses personnes. Elles profitèrent donc de toutes les occasions possibles pour raconter l’histoire de ces femmes industrieuses qui, malgré leur pauvreté, étaient bien décidées à offrir un avenir à leurs familles. La semaine d’après, Torkin Wakefield et Ginny Jordan ainsi que Devin Hibbard, la troisième co-fondatrice de BeadforLife, retournèrent au bidonville et achetèrent plusieurs centaines de colliers qu’elles rapportèrent aux Etats-Unis. Lorsqu’elles se lancèrent sur le marché des bijoux, elles découvrirent que de nombreuses personnes aimaient acheter ces perles et se sentaient inspirées par l’histoire de ces perleuses, leur courage et leur ténacité au travail.

Une organisation. est née
C’est en septembre 2004 que l’initiative de soutien à ces Ougandaises prit la forme officielle de BeadforLife. Le premier groupe soutenu était composé de 90 femmes du bidonville d’Acholi Quarter qui avaient fui leurs maisons dans le nord du pays, où les rebelles brûlaient des villages, kidnappaient les enfants pour en faire des soldats ou des esclaves sexuels, et torturaient ou tuaient des centaines d’adultes. Chaque femme  témoigna de scènes de terreur et de brutalité presque insoutenables ; malgré cela, leurs yeux restèrent toujours clairs et brillants, affirmant  leur détermination de survivre à ces traumatismes. Bien que Kampala soit plutôt une ville sûre, la vie à Acholi Quarter demeurait brutale et éprouvante. Pour la plupart des habitants du bidonville, la seule chance de gagner leur vie consistait à casser des cailloux à la main, assis par terre sous un soleil brûlant pendant plus de huit heures, un travail plus qu’ingrat qui ne rapportait que 80 centimes de dollars (65 centimes d’euros) par jour. Il n’y avait, bien entendu, ni eau ni électricité dans leurs maisons de boue séchée, tandis que la malaria, la tuberculose ou le sida étaient très répandus et la mortalité infantile particulièrement élevée. Quand ces 90 femmes posèrent enfin leurs maillets pour commencer à rouler des perles à l’ombre d’un manguier, elles eurent véritablement l’impression qu’un espoir était né.

BeadforLife prend son envol

En décembre 2004, BeadforLife est évoqué pour la première fois dans un article de O –Magazine, le magazine d’Oprah Winfrey, une des principales stars de la télévision américaine. Ceci provoque une vague d’intérêt pour l’organisation, de nombreuses personnes étant prêtes à s’intéresser à ces Ougandaises pour en savoir plus sur l’extrême pauvreté. Des PerleParty (réunions de ventes de perles BeadforLife) commencent alors à se dérouler dans des maisons, des bureaux, des églises et même des bibliothèques. À ce jour, chaque Etat des Etats-Unis ainsi que de nombreux autres pays dans le monde ont déjà accueilli de telles fêtes. Des centaines de milliers de personnes portent aujourd’hui ces perles qui révèlent leur engagement aux côtés de ces femmes ougandaises qui tentent de sortir leurs familles de la misère – et le bénéfice est mutuel : un grand nombre d’entre elles déclarent avoir trouvé dans BeadforLife une façon d’apporter plus de sens et d’utilité  à leur vie.

 Le cercle s’étend
L’ampleur de ce mouvement ainsi que l’accroissement de la vente des perles partout dans le monde permit à BeadforLife de se développer. Au début de l’année 2005, un deuxième groupe de perleuses, appelé «Nsambya », fut créé pour offrir des perspectives professionnelles à des femmes séropositives vivant dans la misère. Beaucoup d’entre elles refusaient à l’époque de prendre des médicaments gratuits contre le sida qui auraient pu leur sauver la vie, car ces traitements leur donnaient faim alors qu’elles devaient déjà lutter pour nourrir leurs familles. Leurs nouveaux revenus provoquèrent des changements fondamentaux dans leurs vies : meilleure nutrition pour les familles, scolarisation des enfants, création de petites entreprises et surtout, un plus grand accès aux médicaments.

Développer toute la communauté
Créer des revenus, notre objectif principal, doit aussi s’accompagner d’investissements dans d’autres domaines pour ne pas risquer de compromettre les gains économiques d’un individu. C’est pourquoi, parallèlement à notre programme de travail,  nous offrons également:
• Des programmes de formation à la gestion de petites entreprises.
• Un programme de logement.
• Des soins médicaux.
(voir fiche « les programmes développement communautaire de BeadforLife »)
BeadforLife poursuit continuellement une évaluation rigoureuse de ses programmes, et les derniers chiffres pour le premier groupe montrent très clairement que le travail de ces femmes a des résultats bien réels :

  • 99% des femmes du groupe initial affirment que leurs vies se sont améliorées depuis qu’elles participent à BeadforLife
  • 85% de nos participantes ont lancé une entreprise ou acheté/construit une maison et 45% ont fait les deux.
  • Le revenu journalier des femmes est passé de 1 dollar à 5 ou 6 dollars – soit de 0,80 € à entre 4,5 et 5,3 €

BeadforLife aujourd’hui
Aujourd’hui, nous travaillons avec près de 500 perleuses dans six groupes différents. Leurs nouveaux revenus permettent à plus de 4 500 personnes d’avoir accès à une alimentation régulière, à des médicaments et à des fonds pour éduquer leurs enfants, choses dont elles n’avaient jamais bénéficié auparavant. L’intégralité des profits de nos ventes est reversée dans nos programmes de combat contre la pauvreté, en mettant l’accent sur la formation entrepreneuriale, la santé et le logement. BeadforLife a été évoqué dans de nombreux médias américains, comme dans le programme News de la chaîne de télévision NBC et les magazines Vanity Fair, Family Circle et O Magazine. Des centaines de milliers de personnes dans les pays les plus développés se sont rapprochées de leurs soeurs ougandaises pour tenter d’éradiquer la misère en s’informant sur ce problème et en ouvrant leurs coeurs à BeadforLife.